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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/46

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fait tomber la bestiole.) Il ne faut jamais ouvrir les yeux à personne, Marcelle.


MARCELLE.

Maman, maman, si je t’ai fait de la peine, je t’en demande pardon.


MADAME BOUGUET, (relevant fièrement la tête.)

Oh ! pas de la peine… Je suis trop orgueilleuse ! Et puis, aussi, trop pratique… Je n’ai de la peine que lorsque je m’y autorise et, véritablement, tout ce que tu viens de dire est trop misérable, oui, ma foi, trop misérable… (Sèchement.) Allons, va à la Sorbonne, je t’en prie, tu seras en retard… D’ailleurs, j’aimerais bien savoir ce que Bamberger va dire sur les réactions secondaires des sérums. C’est autrement intéressant que des potins de ménage… Prends garde. Voilà ton père.

(Entre Bouguet.)

BOUGUET.

Qu’est-ce que m’annonce Blondel ? Tu ne viens pas ? Pourquoi ?


MADAME BOUGUET.

J’ai à nettoyer l’objectif… et je vais mettre un peu d’ordre dans ces préparations…


BOUGUET, (à sa fille, qui met sa serviette d’étude sous le bras.)

Pas encore prête, toi ?


MADAME BOUGUET.

Je ne cesse de lui répéter qu’elle va se mettre en retard !


MARCELLE, (s’approchant, bas à sa mère.)

Au revoir, maman… tu m’en veux, encore ?


MADAME BOUGUET.

Ça passera.

(Marcelle sort.)