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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/42

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maison même… S’il n’était pas là, à portée de la main, je ne t’aurais pas parlé, je ne t’aurais pas divulgué les potins.


MADAME BOUGUET.

De quoi s’agit-il ?…


MARCELLE, (simplement.)

Eh bien ! Blondel l’aime… Qu’il l’épouse !…


MADAME BOUGUET.

Ah çà ! par exemple ! Tu n’y vas pas de main morte !… Blondel l’aime ?… Qu’en sais-tu ? Voilà qui est nouveau ? D’où sors-tu ça, tout à coup ?…


MARCELLE.

J’en suis sûre, maman… Il me l’a dit…


MADAME BOUGUET, (après un vif étonnement, médite, et, avec un sourire un peu triste.)

Et moi, il me l’a caché !… Du reste, c’est logique… Tu as prétendu, tout à l’heure, que je n’étais pas une femme, par conséquent, pas une confidente. Et il t’a fait cet aveu, à brûle-pourpoint… sans raison ?


MARCELLE.

Non, bien sûr… Tu connais sa manière… moitié riant, moitié sérieux… un peu farce, mais très sincère.


MADAME BOUGUET.

Il l’aime. Bien. Cependant, t’a-t-il laissé entendre qu’il l’épouserait ?…


MARCELLE.

Pas de façon précise, mais ce sont des choses que l’on sent.


MADAME BOUGUET.

Ah ! parfait I Tu disposes les pions à ta guise…