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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/394

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reux… qu’elle t’a aimé plus que tout au monde… et qu’elle te demande pardon… de n’avoir pu t’accompagner jusqu’au bout du voyage ! »


BOCQUET, (qui, du bas de l’escalier, a écouté et répété à voix basse chaque membre de phrase.)

Je le lui dirai mot pour mot.


FRÉDÉRIQUE.

Ah ! j’ai le cœur qui bat, qui bat !… Voyez-vous, il me semble, quand je vais fermer cette porte, que ce sera son dernier battement !… (Un doigt sur la bouche.) Et de la douceur, n’est-ce pas ?… de la douceur…

(Elle referme la porte. Elle est partie.)

BOCQUET, (demeure immobile. Il écoute les bruits extérieurs, puis il va à la fenêtre, se penche pour la regarder s’en aller. Il fait un geste d’adieu. Quand il s’est assuré qu’il n’y a plus personne sur la route, il referme les battants. On entend le piano. Un temps se passe. Bocquet se défait de son pardessus qu’il jette sur un meuble. Il va à la porte de gauche, l’ouvre et appelle d’une voix haute, énergique.)

Julien ! Julien !…

(Il redescend vers le milieu de la pièce, posté dans une attitude ferme et grave. Le piano a cessé brusquement.)


Scène VI


BOCQUET, JULIEN

(Quelques secondes : Julien accourt. Sur le seuil, il reste stupéfait. Il regarde son père, la chambre, murmure quelques mots inintelligibles.)

BOCQUET.

Elle m’a dit de te dire qu’il faut que tu aies