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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/37

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beau… J’ai déjà vu des gens te lancer des choses désagréables en pleine figure, et toi tu souriais… Tu ne comprenais pas. Tu es admirable !… Ainsi, tout à l’heure, tu n’as pas remarqué les sourires que cette petite scène grotesque, qui ne devrait pas avoir lieu à l’Institut Claude-Bernard, a fait naître sur les lèvres de Pélissier et de Mairesse… Non, tu n’as rien vu !…


MADAME BOUGUET.

À qui la faute, alors ?… À nous tous. Et puis, qu’est-ce que ça peut nous faire ?

(Elle hausse les épaules.)

MARCELLE.

Tiens, tu es en or, décidément !


MADAME BOUGUET.

Ah ! mais, où veux-tu en venir, à la fin ?


MARCELLE.

Eh bien, moi, j’ai entendu pour deux, et ce n’est pas la première fois, et ce ne sera probablement pas la dernière que mes oreilles seront blessées, si cela ne change pas ici.


MADAME BOUGUET, (croisant les bras.)

Et qu’as-tu entendu ? Quoi, quoi ?


MARCELLE.

Une plaisanterie à voix basse, grossière, révoltante.


MADAME BOUGUET, (avec hauteur.)

Qui s’est permis ?


MARCELLE.

À quoi bon désigner ?… Tu m’as appris à ne pas rapporter. Style de carabin, c’est possible, mais style très net.