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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/360

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tous deux… Vous vous égarez, je vous assure… Croyez-moi !… Ne me reprochez pas ce geste qui l’a sauvé autrefois et que je pouvais faire loyalement, parce que jamais je n’ai été sa maîtresse !… Voulez-vous que je vous le jure à genoux ! Oh ! Je n’en suis pas à une humiliation près.

(Elle se met à genoux aux pieds d’Éveline. Julien se précipite pour la relever.)

ÉVELINE.

Mais vous le répétez indéfiniment : « Je n’ai pas été sa maîtresse. » Eh ! Madame… que voulez-vous que ça me fasse que vous ayez été sa maîtresse ou non ! Il me suffit que vous vous soyez aimés et que vous vous aimiez encore ! Il est possible que, vous, vous attachiez beaucoup d’importance au fait de vous être donnée ou pas, mais si vous saviez, à moi, comme ça m’est égal ! Allez raconter ces distinctions-là à votre confesseur. Vous avez peut-être mis votre conscience et votre salut à l’abri des tourments éternels, mais si vous croyez que, vis-à-vis de moi, vous n’avez qu’à crier : « Je n’ai pas été sa maîtresse ! » pour que la face des choses soit bouleversée sur la terre, il faut vraiment que l’habitude du confessionnal vous ait brouillé la cervelle jusqu’à l’aberration !…


JULIEN, (cherchant la preuve la plus décisive.)

Si j’avais aimé Madame Ulric, au sens où tu l’entends, et si elle m’aimait de la manière dont tu l’accuses, aurais-je eu une liaison avec Madame Tessier ? Voyons ! cela tombe sous le sens !…


ÉVELINE.

Qu’est-ce que cela prouve ?… Tu t’es jeté par