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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/346

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chagrin ! Qu’est-ce que je vais devenir, moi !

(Elle se jette sur un fauteuil, en proie à un accès de désespoir.)

FRÉDÉRIQUE.

Pauvre petite !…


ÉVELINE.

Quelle tristesse ! ma bonne, ma seule amie !… Car je n’ai que vous comme amie dans cette vie stupide et lâche de Paris… Maintenant que je vais être écroulée, que je n’ai plus une branche de salut, vous serez bonne, dites ? Vous me donnerez du courage ? Dites ! dites !… Qu’est-ce que je lui ai fait de mal à cet homme-là ?

(Elle se rejette dans ses bras et pleure, enfantinement ses premières larmes d’amour brisé.)

FRÉDÉRIQUE.

Voyons, petite… Ne soyez pas ainsi désemparée ! S’il y avait une aventure ancienne dans la vie de votre mari, au moins vous en voilà complètement délivrée… Et c’est la preuve même qu’il vous aime, puisque vous prétendez qu’il a rompu, qu’il vient de rompre… peut-être imprudemment, parce qu’il était sincère et qu’il a été véhément.


ÉVELINE.

Au fait, vous n’avez pas besoin de le trahir ! Je saurai tout maintenant. (Elle montre les lettres qu’elle n’a pas lâchées.) Dans ce paquet il doit y avoir de quoi m’instruire !… Je peux m’en rapporter à la main qui me l’a donné !


FRÉDÉRIQUE.

Mais ne lisez pas cela ! Ce ne peut être qu’un