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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/345

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seconde. Ce que je viens d’entendre ! Oh ! Madame, Madame… vous n’avez pas idée de ce que cette femme nous jette à la figure !… car vous aussi, elle allait jusqu’à vous accuser !…


FRÉDÉRIQUE.

Moi, moi ? Pourquoi m’accuser ?… Que suis-je là dedans ?


ÉVELINE.

Est-ce que je sais ? Elle était en bas dans sa voiture, et, comme pour toutes celles qui font un crime, une voilette cachait son visage. Je voulais savoir qui était la dénonciatrice… Ah ! je l’ai vite reconnue… je l’avais aperçue dans des salons, à des soirées… Je l’ai prise par le poignet, forcée à descendre. C’est sans doute ce qu’elle souhaitait, car, alors, dans le vestibule, elle s’est mise à m’entasser dans les mains ces choses-là, des papiers… des papiers… Elle disait : « Vite, vite, prenez Madame !… » Elle accumulait les mots comme si elle avait peur de n’avoir pas le temps de tout révéler en une fois, et votre nom revenait sans cesse, mécaniquement… comme celui de Julien… Madame Ulric… Madame Ulric…


FRÉDÉRIQUE.

Par exemple ! C’est un peu fort !


ÉVELINE.

Elle était peut-être jalouse de vous, cette femme !… En parlant elle avait le maquillage barré de larmes ! Des larmes pour Julien ! Ah ! doit-elle l’aimer pour en arriver là !… En une seconde apprendre tout !… Tenez, j’ai trop de