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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/323

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êtes aventurée que lentement, avec des chauds et des froids… Il n’y a guère que cinq ou six mois que vous vous êtes décidée, et alors si gentiment, si franchement !


FRÉDÉRIQUE.

Je suis prudente dans mes amitiés… Quand j’ai compris que ce petit sauvageon méritait sérieusement d’être heureuse, alors je n’ai plus hésité à me livrer, à user d’influence sur un ménage que votre maladresse réciproque était en train de compromettre. Il faut que vous soyez heureuse et que vous sachiez prendre, sur votre mari, un ascendant que vous avez négligé par indifférence peut-être.


ÉVELINE.

Oh ! par orgueil aussi… Je suis orgueilleuse et timide comme une femme élevée sur une terre étrangère… Alors souvent ça donne l’apparence de la froideur et… (La femme de chambre arrive de la salle à manger avec les cartons à chapeaux.) Ah ! voici les chapeaux ! posez les cartons là. (La femme de chambre pose les cartons sur le canapé et sort.)


FRÉDÉRIQUE, (à Éveline qui essaie un chapeau.)

Celui-là vous ira très bien… Vous verrez que Julien vous trouvera charmante. Avec cette jolie tête, il ne vous manquait en somme qu’un peu de chic parisien !… Et l’autre ?


ÉVELINE.

L’autre a beaucoup de plumes !


FRÉDÉRIQUE.

Il est trop vieux pour vous, celui-là… Mais celui-ci est charmant.