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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/311

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FRÉDÉRIQUE.

Je vous le promets… à condition que cela ne diminue en rien votre remords et votre responsabilité ! Ils me sont à moi les garants de votre rachat !


JULIEN, (exalté, joyeux.)

Frédérique ! Frédérique ! Que vous êtes bonne ! Que vous êtes belle !


FRÉDÉRIQUE.

Vous le verrez… nous serons des amis… Mais qu’il soit bien entendu, n’est-ce pas, que plus jamais il ne sera fait allusion à…

(Elle s’arrête, pudique.)

JULIEN.

À quoi ?


FRÉDÉRIQUE.

À ce qui nous a jadis séparés… à ce qui a fait notre chagrin… Ce sont nos âmes qui se retrouvent dans une seconde vie, toute de devoir.

(Elle attend la réponse sans le regarder.)

JULIEN.

Je vous le promets… gravement.


FRÉDÉRIQUE, (sourit, satisfaite, puis changeant de ton.)

Maintenant, maîtrisons-nous… Il faut que nous nous séparions… Il faut aussi que je voie mon banquier et Daniel, mon homme d’affaires… Pratiquement, allez trouver votre entrepreneur, qu’il prépare quittance de la somme nette… Prenez rendez-vous avec lui pour… demain soir, à six heures… Oui, demain soir… ce délai me suffira… Nous nous verrons d’ici-là ! Vous recevrez un télégramme concis demain matin. Vous le brûlerez, n’est-ce pas ?