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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/31

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à quatre cents pages. C’est le fils de mes entrailles !


PRAVIELLE.

Trois cents pages ! Mais, alors, il est prêt à être publié.


BOUGUET.

Que non ! J’ai encore, sur l’évolution, de gros chapitres à écrire. Pour l’instant, je me dois à notre nouvelle découverte.


PRAVIELLE.

Le monde n’oubliera pas, pendant ce temps, que vous êtes, mon cher ami, celui qui imprime à la philosophie moderne une orientation nouvelle, celui qui a donné à la métaphysique une valeur presque expérimentale.


MADAME BOUGUET, (qui a fini de placer la lame dans le microscope.)

Tenez, regardez.


PÉLISSIER, (appelant Madame Bouguet.)

Madame Bouguet, nous allons vous être désagréables, mais, tant pis, je ne résiste pas à l’envie de vous en parler et de vous avouer notre joie… J’ai lu ce matin qu’on allait décerner le prix Nobel à Bouguet…


BOUGUET, (vivement.)

Mais non. Rien n’est moins sûr et rien n’est moins utile. D’ailleurs, le prix sera décerné, je crois, à un littérateur, Hernert, le poète belge… Ne nous occupons pas de ces vétilles.


PRAVIELLE, (au microscope.)

Mais, j’ai beau regarder… à moins que j’aie la berlue… voilà qui est bien loin de ce que j’avais compris…