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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/30

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il m’aurait paru que je faisais une offense à notre amitié, si vous aviez appris par la note de l’Institut un résultat de cette importance, et je vous ai réunis pour vous dire simplement, entre deux tasses de café : Voilà où j’en suis. Et cela ne va pas, je l’avoue, sans une petite émotion… pour Jeanne, pour moi… (Se tournant vers Blondel.) et pour Blondel aussi.


MADAME BOUGUET.

Je crois bien… (Mettant la lame qu’a apportée Edwige dans le microscope.) Voilà, regardez.


BOUGUET.

Car, maintenant, il faut rendre à Blondel ce que nous lui devons… Ce n’est pas peu.


BLONDEL.

Oh ! moi, je suis le collaborateur.


BOUGUET.

Non, mon cher, non, n’essaie pas de te déguiser modestement. Tu fais partie de la trinité.


BLONDEL.

Voilà, voilà le mot : nous sommes une trinité. (Il se met à rire.) Diable ! des scientifiques qui se mettent à parler de trinité !…


PRAVIELLE.

Et votre grand livre de philosophie, où en est-il ?


BOUGUET.

Ah ! mes amis, ça, c’est autre chose… mais une chose qui n’est pas moins importante à mes yeux. Oui, ce livre résumera mes essais de métaphysique en même temps que toute ma pensée scientifique. Voilà cinq ans que j’y travaille. Le manuscrit est là, dans ce tiroir… il a peut-être la valeur de trois