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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/294

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aussi !… Et n’est-ce pas ?… quoi que tu dises… quoi qu’on t’ait demandé… souviens-toi de toi-même !


FRÉDÉRIQUE.

Oui… oui… mère… Sonnez, je vous prie…

(Madame Desroyer sonne, puis sort vivement, non sans avoir adressé à sa fille un dernier et long regard d’anxiété. Frédérique reste seule, les yeux clos. Julien entre. Frédérique et Julien ne se sont même pas regardés… Julien s’est appuyé tout de suite à la cheminée, de dos à Frédérique, et Frédérique regarde obstinément par terre. Ils sont pris ensemble d’une même crise de sanglots convulsifs qui a commencé légère, embarrassée, pour éclater violente, comme si les pleurs de l’un encourageaient ceux de l’autre. Un grand temps.)



Scène VII


FRÉDÉRIQUE, JULIEN


JULIEN, (toujours appuyé à la cheminée, sans se retourner.)

Se revoir ainsi ! (Un temps.) Je n’ose même pas me retourner, vous regarder.


FRÉDÉRIQUE, (sanglotant.)

Julien !


JULIEN.

Je n’aurais pas dû venir.


FRÉDÉRIQUE.

Vous avez bien fait.


JULIEN.

Oh ! votre voix ! (Alors il se retourne, mais lentement, craintivement. Ils se regardent.) Et votre visage !