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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/293

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FRÉDÉRIQUE, (assise sur l’x et les yeux hagards.)

Sur quelle histoire travailles-tu ? Celle de Duruy ou celle de l’abbé Surger ?

(À ce moment on frappe à la porte de gauche.)

FRÉDÉRIQUE.

Entrez.


LE DOMESTIQUE.

C’est l’auto qui revient, Madame. (Silence.)


FRÉDÉRIQUE, (ne se retourne pas vers le domestique. Après un silence oppressé, elle articule péniblement avec angoisse.)

Il y a quelqu’un ?


LE DOMESTIQUE.

Oui, Madame (La mère et la fille se regardent.) Dois-je faire attendre ?


FRÉDÉRIQUE.

Oui, je sonnerai quand il faudra faire entrer… (À Thérèse.) Va vite, une visite à recevoir.

(Thérèse s’en va par la droite. Le domestique est sorti. Frédérique reste seule avec sa mère.)

MADAME DESROYER.

Réfléchis ! Il est encore temps !


FRÉDÉRIQUE, (prenant les mains de sa mère et lui faisant tâter les siennes.)

Regardez comme c’est curieux, le pauvre cœur humain ! Je suis exactement dans l’état où j’étais quand il m’a appris son mariage… les mains froides… la gorge coupée… la salive qui ne veut pas venir… Alors qu’on parte, qu’on revienne, c’est donc toujours la même chose ?


MADAME DESROYER, (l’embrassant avec effusion.)

J’attends là-haut… avec quelle angoisse, moi