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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/282

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pas de notre démarche. Allons, viens, je te dis…

(Il veut l’entraîner.)


MADAME BOCQUET.

Adieu… Madame… et mille excuses.

(Elle salue et passe. Au moment où ils vont sortir.)


FRÉDÉRIQUE, (avec force.)

Non, non, vous ne me ferez pas partager cette responsabilité ! Voilà, moi, ce que j’avais à vous répondre !

(Un temps, Monsieur et Madame Bocquet vont sortir par la porte de gauche.)


FRÉDÉRIQUE, (de loin, les arrêtant d’un geste.)

Une seconde encore ! (Nouveau silence, puis embarrassée.) Voyons, peut-être… indirectement… y a-t-il un moyen qui vous satisfasse ?… Je veux dire, une lettre, par exemple, que vous lui remettriez… vous suffirait-elle ? (Madame Bocquet fait un geste vague et dépité.) Naturellement non ! Vous jugez que ce n’est pas assez !… Vous escomptez des sentiments plus largement mesurés !… Ah ! si vous croyez que je ne comprends pas votre manège !… Je comprends sur quelle émotion vous spéculez pour stupéfier votre fils… C’est habile !… Seulement, mon émotion à moi, elle ne compte pas ?… Non ?… Ah ! les parents !… (Puis brusquement.) Tenez, asseyez-vous et laissez-moi réfléchir au moins quelques instants.

(Elle leur indique des sièges près de la table.)

BOCQUET, (radieux.)

Madame !…


FRÉDÉRIQUE, (sèche.)

Ne parlez pas !… (Elle reste alors sans rien dire, d’abord, arpentant la pièce, puis s’accoudant à la cheminée. Les deux parents se taisent, anxieux mais ravis. Au bout