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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/273

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MADAME BOCQUET, (prenant la parole.)

Non, Madame… En danger ?… Peut-être… mais nous ne sommes pas porteurs d’une funèbre nouvelle…


FRÉDÉRIQUE.

Tant mieux !… (Après ce soulagement elle reprend plus froide.) Alors, veuillez vous expliquer. J’attends.

(Elle leur fait signe de s’asseoir.)

BOCQUET, (une fois assis.)

Il faut en effet que la situation soit bien grave pour que nous ayons osé venir.


MADAME BOCQUET, (surenchérit.)

Il faut le malheur qui est sur la tête de Julien.


FRÉDÉRIQUE.

Le malheur !… Quel malheur ?…


BOCQUET, (éclatant.)

Notre fils est perdu ! Perdu !… Vous voyez de pauvres parents désespérés !

(Son accent est sincère. Sa voix peuple, mais plus délicate que celle de sa femme, est celle d’un homme en proie à une violente émotion et qui se contraint.)

FRÉDÉRIQUE.

Vous venez cependant de dire vous-mêmes…


BOCQUET.

Matériellement, moralement perdu… Il a, en quelques mois, descendu la côte avec une rapidité foudroyante… Et demain, c’est affreux à dire, demain nous n’aurons plus d’enfant ?


FRÉDÉRIQUE.

Plus d’enfant !… Voilà des termes bien équivoques… Que voulez-vous dire ? Il va se…