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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/270

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MADAME DESROYER.

Vous n’avez pas à vous étonner, Monsieur !… Et je n’ai pas à vous répondre. Madame Ulric ne vous reçoit pas, un point, c’est tout.


MADAME BOCQUET.

Enfin, Madame, ce matin, au téléphone, Madame Ulric a bien voulu, sur notre insistance, nous indiquer ce rendez-vous précis. Je n’ai eu qu’à lui dire que j’avais quelque chose de très grave à lui communiquer, elle n’a pas hésité plus de quelques secondes à nous convier, entre quatre et six heures… chez elle.


MADAME DESROYER.

Et quand bien même ce serait moi qui m’opposerais à cette entrevue ?


BOCQUET.

Ah ! vous voyez bien, Madame !… Je m’en doutais !…


MADAME DESROYER.

Je pressens encore quelque chose de mauvais. Pour que vous veniez réveiller, sous un prétexte quelconque, un passé qui est oublié et qui n’a laissé ici que de mauvais souvenirs…


BOCQUET, (l’interrompt.)

Mais, Madame, je ne sais pas à quoi vous faites all…


MADAME DESROYER.

Si, Monsieur, vous savez fort bien !… (Allant à eux et sur un ton plus confidentiel et plus ému.) Mais ce que vous savez probablement moins bien, c’est que ma fille, il y a quatre ans, a failli mourir de douleur ! C’est que j’ai été la seule à connaître de quoi elle mourait ! Les médecins l’ont traitée