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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/25

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serait-il indiscret de vous demander à voir un animal en expérience ?


BOUGUET.

Du tout. Nous avons un singe qui est en train de succomber à une véritable cachexie…


BLONDEL.

Puis, nous avons encore un cheval porteur d’un cancer de l’estomac. Vous verrez.


MADAME BOUGUET, (frappant sur l’épaule de Pravielle.)

Enfin ! c’en est fait des théories sur la pathologie des tumeurs, et, quoi qu’on en ait dit, il faut bien, cette fois, s’incliner devant l’évidence et en revenir à la théorie bactérienne… Je l’ai toujours dit !… Nous l’avons toujours dit ici !


BONVALLET.

C’est vrai !… Il y a dix ans que vous l’affirmiez… Quand on songe au nombre infini de gens de valeur qui ont cherché le parasite sans l’atteindre… Ce que Doyen va être furieux !…


PRAVIELLE.

Ah ! Bouguet !… mon cher, mon vieil et admirable Bouguet !… Quelle belle chose si vous nous apportez le sérum du cancer !


BOUGUET, (frappant la table de son lorgnon.)

Ah ! pardon, pardon, ne donnez pas le ton au public. Ne m’en faites pas dire plus que je n’en dis. Vous voyez, vous-même vous prononcez des mots terribles et qui m’épouvantent. Nous en sommes encore diablement loin ! D’ailleurs, pour bien vous fixer sur le point exact où nous en sommes, pour bien vous montrer que je ne veux pas m’égarer, je vais vous lire la note que j’ai préparée pour la séance de l’Institut… Vous verrez, elle est sobre et très courte.