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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/202

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BOUGUET.

Non ! Tu es plus, bien plus qu’une femme !… J’ai confiance en toi !… Tu vas rester, et tu seras sage, forte, bridée. Contiens-toi !… J’attends cet effort de ton cœur… Reste, ma Jeanne… et pas de fatigue inutile… Jusqu’à ce qu’il soit ici, recueille-toi ! Recueillons-nous dans notre tendresse… Silence !…


MADAME BOUGUET, (hésite, baisse les yeux, et, la voix résignée.)

Alors, donne ta main !…

(Un long silence. Ils se tiennent la main, les yeux grands ouverts devant eux. La porte s’entr’ouvre lentement.)


Scène XIII


Les Mêmes, BLONDEL


BOUGUET.

Eh bien, mon vieux… entre… entre… Tu vois dans quel état tu m’as mis !… Voilà ce que tu as fait de ton ancien compagnon d’armes !


MADAME BOUGUET, (ne pouvant pas se contenir.)

Assassin… Assassin !…


BOUGUET.

Silence, Jeanne, tu m’as promis le silence !


MADAME BOUGUET.

On vient de me le rapporter saignant et vous êtes là, devant moi ! Mais, prenez garde ! Votre jour viendra.


BOUGUET.

Tais-toi ! Pense à moi.