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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/159

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BLONDEL.

À la bonne heure ! Descends donc ! Viens voir ton amant ! Toi aussi tu vas me connaître.

(Elle referme la fenêtre.)

BOUGUET, (désespérément.)

Fais ce que tu voudras de moi, peu m’importe, je m’abandonne à toi… puisqu’il n’y a plus rien à faire et que l’instinct est lâché !


BLONDEL.

Oui, la bête ! Mais c’est la bête qui va foncer sur toi, entends-tu !…


BOUGUET.

Épargne du moins les autres, ta femme, Jeanne, tous… notre œuvre… notre maison… notre travail…


BLONDEL.

Ah ! ah ! notre œuvre, la boîte !… Tu verras ce qu’il en restera ! Ah ! vous m’avez fait ça, à moi, tous, tous, car il y a eu entente de tous ! « Le bon Blondel » on l’a ligoté, en cinq secs, ficelé dans ce mariage ! Il fallait se débarrasser sur celui-là de tous les crimes, de toutes les gênes ! (Edwige apparaît un peignoir hâtivement jeté sur elle.) Arrive toi aussi. Tu es un spectacle idéal ! Mais je ne me vengerai pas de toi de la même manière !



Scène XVII


Les Mêmes, EDWIGE


BOUGUET.

Dites-lui, dites-lui, Edwige, la vérité !… Dites-lui que vous l’aimez de tout votre cœur…


EDWIGE, (avec un élan de décision brutale.)

Eh bien, non. Non. Tout vaut mieux que cette