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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/15

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LES FLAMBEAUX




Le mot « flambeaux » désigne ici les savants, les esprits consultants du domaine intellectuel. Pourtant, dès les premières scènes, il apparaîtra nettement que l’allégorie du titre se prolonge par delà ces têtes laurées et que les Flambeaux signifient aussi et surtout, en l’occasion, les Idées, les grandes Idées, qui éclairent, en la précédant, la marche de l’humanité dans le dédale de ses ténèbres, les idées presque indépendantes de nous-mêmes, dont nos actes sont les tributaires ou les satellites empressés. Fouillée, dans une vieille formule qui n’est pas exempte de justesse, les nomma idées-forces…

Sereines lumières en cours d’évolution qui nous emportent ou se projettent hors de nous-mêmes (nous ne pouvons même plus en faire le départ !), agrégation merveilleuse de la pensée humaine dont rien ne se perd et qui, émanant de toutes les directions, semble former, de siècle en siècle, un noyau de plus en plus compact, une sorte de nébuleuse emportée, comme les autres, vers des fins de clarté ou de néant.

Ces entités, si lumineuses soient-elles, ne constitueraient en elles-mêmes que des personnages de théâtre bien incertains, bien chétifs, et presque