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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/112

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Goethe que nous fêtons ce soir. Tu ne trouves pas qu’il ressemble à Gœthe !


MARCELLE, (froidement.)

Je ne sais pas, je n’ai pas connu Gœthe !

(À ce moment, Bouguet sort de l’orangerie avec sa femme et Blondel. Ils accompagnent le directeur de l’Aube.)

LE DIRECTEUR DE L’« AUBE ».

J’ai été heureux de vous apporter, ce soir, l’hommage de mon admiration à tous deux et de vous remercier, Madame, de l’article que vous avez bien voulu envoyer au journal.


BOUGUET, (présentant.)

Ma fille…


LE DIRECTEUR.

Mademoiselle… L’article paraît demain matin. Vous a-t-on apporté les épreuves ?


MADAME BOUGUET.

Pas encore… J’ai dit faiblement ma reconnaissance à tous les souscripteurs de cet objet d’art que je garderai précieusement. C’est bien la première fois de notre vie, par exemple, que nous écrivons dans un journal…


LE DIRECTEUR.

Les savants nous dédaignent, je sais…


MADAME BOUGUET.

Mais j’ai été heureuse de cette occasion de dire au public ce qu’était notre collaboration, à Laurent et à moi…


BOUGUET.

Je suis inquiet. Je n’ai pas encore pris connaissance de l’article. Ma femme a dû modestement encore s’effacer devant moi, comme toujours.