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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/97

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LA COMTESSE.

Montrez-nous, je vous prie, cette petite statue, dont votre mère nous a fait une description enthousiaste.


MADAME DE MARLIEW.

Oh ! ce sera superbe… Vous allez voir…


THYRA, (met les mains sur l’œuvre absente. Elle la tapote joyeusement.)

Je m’excuse, vraiment, comtesse, mais je ne peux pas vous la montrer. C’est, du reste, rien… moins que rien.


LIGNIÈRES.

Voilà qui n’est pas chic. On ne peut pas voir un petit bout, un petit coin ? Soulevez le bas de sa robe… C’est un monsieur ?… une dame ?…


THYRA.

Du reste, je ne pense plus déjà à cette statue. Mes yeux sont déjà tournés vers autre chose, vers un autre sujet dont vous entendrez parler, et ce sera bien plus beau !


LA COMTESSE.

Qu’est-ce que c’est ?


LIGNIÈRES.

Dites-nous le titre, au moins ?


THYRA.

Oh ! ça n’aura pas de titre, ou alors un titre bien vaste : « la Vie ».


LIGNIÈRES.

Simplement ! Voyez-moi cela ? Cette petite fille dit « la Vie » comme elle dirait un verre d’eau.