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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/92

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cela, là-bas ?… Voyez-vous ma figure à quarante ans… et ce que je pourrais produire à cet âge-là… Vous ne me faites pas rager du tout !… Le visage d’une femme de quarante ans, c’est si beau, si grave…


LEPAGE.

Attendez !… Vous verrez ça…

(Il met la main sur le bouton de la porte.)

THYRA, (comme sortant d’un rêve, et tout à coup.)

Alors ?… Dites… avant de partir… c’est bien la vérité tout cela ?… C’est jugé… Vous savez la confiance que j’ai en vous… Prenez garde à ce que vous dites.


LEPAGE, (prenant un autre ton.)

J’ai été un peu brutal… mais vous m’avez demandé la vérité… je vous donne ma parole que je viens de vous la donner, réfléchie et sincère.


THYRA, (après une dernière hésitation.)

Regardez bien encore une dernière fois.

(Elle montre sa sculpture.)

LEPAGE.

Des naïvetés… de grandes maladresses, mais des qualités immenses…


THYRA.

Cinq ans ?… Ce n’est pas pour me taquiner ? c’est une bonne estimation ?… Le poids y est ? Vous savez, ça peut se chanter : cinq ans… cinq ans… pour monter tout un ménage.

(Elle rit, Lepage la regarde, il met son lorgnon et, en levant le pouce.)

LEPAGE.

Six !