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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/91

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THYRA.

Oui, la vie, si elle n’est pas éternelle, ne mérite pas d’être vécue !…

(Elle se prend la tête dans les mains.)

LEPAGE.

Allons, ma petite enfant troublée, venez chez moi, ce soir, avec votre mère. Je vous aime beaucoup, vous le savez, beaucoup… Cela m’ennuierait que vous ne réussissiez pas pleinement… (Tirant sa montre.) Je vous demande pardon, mais je suis obligé de retourner à ma séance. Seulement, dites, envoyez promener ce soir tous vos n… de D… de princes ? On bavardera… je vous délivrerai de votre souci et je vous tirerai votre horoscope plus longuement… D’abord, les horoscopes, cela fait toujours plaisir à votre maman !… Et je vous le répète, allez, je suis bien tranquille, si le dénommé Amour ne vous empêche pas d’être une femme épatante… vous verrez ce que vous serez plus tard… (Il tourne le dos et s’en va.) à quarante ans !… (Elle ne répond pas, il se retourne.) Eh bien, vous ne bronchez pas ?…


THYRA.

Quoi ?


LEPAGE.

Je voulais vous faire bisquer un peu et vous ne bougez pas.


THYRA.

Pourquoi bisquerais-je ?…


LEPAGE.

Quarante ans !… Pour vous que vingt-cinq ans affligent !…


THYRA, (sans bouger.)

Quel bel âge que celui de quarante ans !… Voyez-vous