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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/77

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vient, tu me feras prévenir. Mais pour elle seule… Philippe ne doit venir qu’à quatre heures.


MADAME DE MARLIEW.

Mais si la baronne…


THYRA.

Ah ! non, maman, je t’en prie ! Ni la baronne, ni personne. À tout à l’heure… (La mère, hésitante mais timide, est sortie. Thyra se laisse tomber dans un fauteuil, les mains au visage. Elle a l’air de sangloter désespérément. On entend : « À mon âge ! À mon âge !… » Puis elle tend le poing vers le ciel. Ensuite elle se lève et reste songeuse, la main au menton, et appuyée à la selle. Elle considère avidement sa sculpture. Brusquement, elle ouvre la porte de gauche.) Entrez, Pinatelli, entrez !…

(Quelques secondes. Le modèle italien entre.)


Scène IV


THYRA, PINATELLI


THYRA.

Déshabillez-vous. (Sans faire attention au modèle qui enlève sa veste et son tricot jusqu’à la ceinture, elle commence les travaux ordinaires du sculpteur, elle dépouille les statues, prépare sa glaise, etc… Elle se lave les mains, gratte les ébauchoirs pour la séance. Le modèle prend la pose, nu jusqu’à la ceinture. Elle s’installe devant l’ouvrage commencé, et alors, c’est une longue confrontation du regard entre l’œuvre et la nature. On sent tout l’effort de sa volonté tendue. Elle se recule. Puis, au modèle.) Donnez bien le sentiment de la pose. Le bras n’y est pas.