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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/70

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LE JOURNALISTE.

Et c’est sans doute à Rome que vous avez rencontré le prince de Thyeste ?


MADAME DE MARLIEW.

Il s’est épris tout de suite de ma fille, oui, Monsieur.


LE JOURNALISTE.

Continuera-t-elle la sculpture, après son mariage ?


MADAME DE MARLIEW.

Mais, certainement. Elle a montré des dispositions si éclatantes ! Tous les artistes s’intéressent à elle. À Paris, nous recevons d’ailleurs toute l’élite…


LE JOURNALISTE.

Et sur ses habitudes, pouvez-vous me donner quelques renseignements, quelques particularités qui intéresseraient nos lecteurs… Elle monte à cheval, je crois ?…


MADAME DE MARLIEW, (avec volubilité.)

Oui, Monsieur ; généralement tous les matins, elle va faire un tour au Bois et elle en reviendrait si, comme je vous l’ai dit, une œuvre de bienfaisance ne l’avait attirée ce matin tout particulièrement… Elle a chassé le renard et le cerf dans les hauts comtés. Que puis-je vous dire encore ?… Elle fabrique des parfums et des essences elle-même… Elle a acheté un champ en Toscane, où se trouvait du lapis-lazuli pour broyer elle-même une cire bleue dont elle a fait une statue de la Vierge…


LE JOURNALISTE.

Ah ! vraiment, Madame…