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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/68

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LE JOURNALISTE, (prenant son calepin.)

Depuis combien de temps Mademoiselle votre fille s’est-elle consacrée à la sculpture ?


MADAME DE MARLIEW.

Trois ans seulement, Monsieur. Elle avait une très jolie voix, mais elle a préféré se consacrer à la sculpture. Ç’a été une vocation irrésistible, pure vocation d’ailleurs, car notre situation personnelle et mondaine nous permettait…


LE JOURNALISTE.

Je sais, Madame, je sais… Elle est l’élève, je crois, de Monsieur Lepage ?


MADAME DE MARLIEW.

Oui, Monsieur. Elle a étudié aussi avec Rodin ; mais, enfin, c’est Lepage qui est son conseiller habituel. Il habite en face. C’est sur ses avis que nous avons loué cet hôtel que les décorateurs les plus outranciers ont décoré de façon assez moderne, vous voyez. Nous allons donner quelques réceptions dans les salons du bas où je reçois, car ma fille, elle, ne reçoit jamais. C’est justement mon jour et je m’excuse d’écourter cet entretien. Ah ! n’oubliez pas de dire, Monsieur, que ma fille est catholique… que l’infante est de nos meilleures amies. Et, d’ailleurs, les premiers succès de Thyra ont eu le don d’enthousiasmer nos compatriotes. Notre ancienne souveraine, la princesse Éléonore de Hongrie, depuis qu’elle a abdiqué, s’intéresse beaucoup à l’art, et, dans ses voyages, elle ne manque jamais de venir causer avec ma fille qui est sa protégée, son amie.


LE JOURNALISTE.

Très intéressant… très intéressant. (Il prend des