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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/274

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à la tête… pour me voir comme j’étais autrefois, probablement… regarder mon image voleter dans la salle au milieu de vous… comme un papillon noir… Vous savez bien que j’ai tous les caprices… Un mauvais souvenir, hein, mon vieux Lignières, ce costume-là !… Bigre !…

(Entre la femme revêtue exactement du costume du deuxième acte.)

LIGNIÈRES, (bas à Thyra, en souriant.)

Vous étiez mieux tout de même !


THYRA.

Ce n’est pas sûr !… Ah ! la pauvre fille que voici… Si elle se doutait de ce qu’elle nous évoque… de si fou… et de si triste…

(La femme, au fond, sur un grand plateau passe les liqueurs.)

CORNEAU.

Elle n’est pas mal ! C’est un modèle ?


THYRA.

Fi ! c’est mon corps astral !… Mes amis, causez avec elle… causez de tout : d’art, de littérature… de tout ce que vous voudrez… Moi, je suis anéantie, j’ai un mal de tête affreux !…


LEPAGE.

C’est vrai ? Il faut aller vous reposer, petite.


THYRA.

Oh ! mais je vais y remédier tout de suite, pendant que vous causerez avec mon double… Je vais m’allonger sur ce divan cinq minutes.


LIGNIÈRES.

Voulez-vous un cachet ?


THYRA.

Non ! non, j’ai mieux… une once de morphine…