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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/273

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lèse ou de Bach… Oh ! mes amis !… mes amis… je voudrais m’en aller dans une vapeur dorée… avec des fleurs, des fleurs entassées qui feraient songer au convoi impossible de quelque jeune dieu !… Je suis folle, n’est-ce pas, mais c’est si beau l’enthousiasme ! C’est si beau la vie !… J’ai soif !… ma gorge a soif !… Donnez-moi encore à boire !… Donnez, Austersen… de votre main… Elle est prise d’une quinte de toux.


LEPAGE.

Ne buvez pas de boisson glacée, mon enfant ! prenez garde, c’est mauvais pour vous !


THYRA, (fiévreusement, les yeux dilatés.)

Mauvais pour moi !… Qu’est-ce qui peut être mauvais pour moi ?… Et puis, je ne sais de quoi vous voulez parler, Lepage… Êtes-vous bête !… Je ne suis pas malade !… (À un domestique.) Faites entrer… miss Salomé !


AUSTERSEN ET LEPAGE.

Salomé !…


LIGNIÈRES, (étonné.)

Qui appelez-vous ainsi ?


THYRA.

Oh !… une femme très quelconque qui va simplement vous apporter des liqueurs… un modèle à qui j’ai fait revêtir, pour ce soir, certain costume de Salomé, que j’ai porté et dont Lignières se souvient fort bien…


LIGNIÈRES, (avec reproche.)

Pourquoi cette fantaisie sacrilège ?…


THYRA.

Mais, mon cher… pour voir mon double évoluer… pour me voir de ces coussins où je vais m’étendre pour me reposer, car j’ai très mal