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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/270

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tendre pour nous, à l’heure presque du départ, je vous assure que l’émotion nous étreint tous…


OSTERWOOD.

C’est elle qui nous rend presque muets…


ARTACHEFF.

Nous écoutons vos paroles la gorge et le cœur serrés…


THYRA.

C’est bien ! Alors… attendez-moi !…

(Elle disparaît, légère, dans la galerie dont elle referme la draperie. Les hommes parlent entre eux et baissent instinctivement le ton.)

CORNEAU.

Que veut-elle dire ?… Que va-t-elle faire ?


LEPAGE.

Je ne sais pas…


LIGNIÈRES.

Comme elle est étrange, ce soir !


OSTERWOOD.

Jamais je ne l’ai vue aussi transparente, aussi fluide !


ARTACHEFF.

Pourquoi nous recommande-t-elle d’être graves ?

(L’obscurité se fait dans la salle à manger. Ils s’étonnent tous de cette obscurité. Dans la pénombre, le boy indien s’avance et va à la grille à gauche, comme s’il avait reçu un ordre.)

LIGNIÈRES.

Regardez ce domestique, que va-t-il faire ?

(Le boy ouvre la grille vénitienne qui grince sur ses gonds et laisse voir le petit oratoire. Puis il se retire. Les hommes regardent du côté de cet oratoire. Tout à coup, l’un d’eux pousse l’autre et dit : « Oh ! regardez ! » Une lueur intense, pourpre, probable-