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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/268

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Scène V


Les Mêmes, LIGNIÈRES


LIGNIÈRES, (bas à Thyra, inquiet.)

Je suivais à distance sa voiture… j’ai vu…


THYRA.

Mais c’est bien mieux comme cela ! bien mieux !… Evohé ! (Elle s’approche de la table.) Approchez-vous, mes amis ! Versons-nous à boire ! J’ai une soif terrible !… Tenez, donnez-moi du champagne rosé que j’aime !… Vous êtes tous là… Regardez-moi, que je sente tous vos regards braqués sur moi… Que nous fait cette vague humanité qui manque à notre appel, ce soir !… Au fait, Lignières, j’y songe, ce n’était pas à lui que devait revenir l’honneur de cette place de choix… Il manque quelqu’un à cette soirée… lui seul devait avoir l’honneur de cette place fleurie ! Comme le maître de la maison… le seigneur du banquet…


CORNEAU ET LES AUTRES.

Qui cela ? Nommez-le…


THYRA, (s’appuyant à la cathèdre.)

Vous ne le connaissez pas… C’était un beau voyageur. Je l’ai connu dans une fête… Il était couronné de roses, il avait un lambeau de pourpre sur l’épaule, il était beau, comme un rêve… Il me semble qu’il est là, ce soir… Il me faisait boire… la tête renversée en arrière, ainsi… une coupe de vin comme celle-ci… (Elle prend la coupe et s’adressant à la chaise vide qu’elle caresse du bras.) Je bois à vous, mon maître… À la gloire de Cupidon !…