Ouvrir le menu principal

Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/267

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



THYRA, (avec un geste piteux.)

Bah !… La partie est jouée, voilà tout !…

(Elle s’appuie.)

ALLÉGRA.

Prends garde, on dirait que tu vas t’évanouir.


THYRA, (avec effort.)

Oh ! ne crains rien… Je me surveille ! (Elle se ressaisit.) Tiens, mon enfant… prends cette fleur… (Elle lui donne la dernière fleur qu’elle tient à la main.) mets un manteau et fais-toi conduire par l’auto à la gare et tu lui jetteras cette fleur par la portière de son compartiment en lui disant ceci : « De sa part, cardinalino ! »


ALLÉGRA.

Ce sera fait !…


THYRA.

Qui m’eût dit, là-bas, en Sicile, que ce serait toi, toi, la dernière messagère !… (Allégra se sauve, Thyra, se retournant, souriante, vers les hommes qui, inquiets ou étonnés de ce qui se passe, causent entre eux). L’ignoble invité qui nous fait faux bond à la dernière heure !… Mais qu’avons-nous besoin de lui, après tout ?… Vous êtes là, et c’est vous la vérité !… Osterwood, j’en suis sûre, maintenant… c’est vous la vérité !… (Un domestique introduit Lignières qui entre précipitamment. Thyra l’interpellant en le voyant entrer.) Eh bien Lignières, bon chasseur, nous sommes bredouilles, il paraît !… C’est assez farce ! avouez ! (Aux autres.) Oui, figurez-vous, Lignières avait la bonté de relancer notre invité récalcitrant. Nous en sommes pour nos frais !…