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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/266

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THYRA.

Le désir n’est rien… Osterwood… vieux diable !… Ce qui seul est vrai, c’est l’amour !… Oh ! oui, l’amour triomphant, comme le disait autrefois Philippe, l’amour terrible… vainqueur de la mort !… lui seul… (La galerie s’éteint. Elle pousse un cri.) Et le voici… le voici !… Enfin !… Je l’aurai vu encore une dernière fois !… Messieurs, Messieurs… Tous mes amis… voilà l’hôte de la cathèdre, l’invité mystérieux !… votre maître à tous… le voilà… il arrive !…


CORNEAU, ARTACHEFF ET LES AUTRES.

Ah ! enfin ! nous allons savoir !


THYRA.

Rangez-vous pour le saluer ! Tenez, poussez la cathèdre… Soyez tout à fait naturels… Recevez-le comme vous recevriez mon meilleur ami… mon meilleur, n’est-ce pas ?… J’y tiens… Soyez déférents… soyez…


LEPAGE.

Mais qui est-ce donc ? Qui ça peut-il bien être ?


THYRA, (transfigurée.)

Vous allez le voir ! Il monte ! Il monte !… (Elle prend des fleurs élégamment dans ses bras et en jette par terre. À cet instant, la galerie se rallume.) Que signifie ?… Pourquoi la galerie se rallume-t-elle ?

(À cet instant, entre un domestique portant sur un plateau une lettre qu’il remet à Thyra bouleversée. Nerveusement, elle brise les cachets.)

ALLÉGRA, (arrive en courant et, bas à Thyra.)

J’ai fait éteindre dès que je l’ai vu descendre de voiture, mais il s’est contenté de remettre cette lettre à un domestique et il est reparti…