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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/262

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sages, avec la complicité du silence… Vous êtes tous des amours !


ARTACHEFF.

Alors, ma bonne aventure.


THYRA.

Oh ! vous, Artacheff, ce sera très court ! Mais, descendez, vous aussi, Osterwood… Austersen… C’est la distribution… On liquide !… Tenez, Artacheff, pour vous.


ARTACHEFF.

Qu’est-ce que ces papiers ?

(Elle lui tend une page écrite.)

THYRA.

Vous lirez… Deux pages de mon journal, du journal qui paraîtra après ma mort… Allez lire ça dans un coin… et gardez-le après… Il y a des dates… Du quinze avril au vingt septembre d’il y a deux ans, cette jeune écrivassière eut le mauvais goût de penser tout à coup qu’un certain fils d’ambassadeur de Russie… Les jeunes filles sont des sottes !… Vous, Messieurs, une seconde, je vous prie… Un mot à dire à Allégra.


THYRA, (à Allégra, pendant qu’on fume et bavarde dans la galerie.)

Tu as deviné, n’est-ce pas, que j’avais envoyé Lignières chercher Philippe… J’ai écrit deux pages désespérées, il a porté la lettre et Philippe va venir.


ALLÉGRA.

Qu’en sais-tu ?


THYRA.

Si, si, il va venir !… J’en ai le pressentiment… mes pressentiments ne me trompent pas… J’ai