Ouvrir le menu principal

Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/246

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



CORNEAU.

Vous nous reviendrez.


THYRA.

Je ne crois pas !…


ARTACHEFF.

Dans quelque temps, Paris vous manquera… Vous vous souviendrez des amis et de ce que vous avez laissé…


LEPAGE, (frappant sur la table.)

Et moi je vous dis qu’elle a raison !… Et pour que je le dise, moi qui l’ai faite, cette petite, moi qui ai eu le cœur navré de la voir mourir à la sculpture, il faut que ce soit vrai !… Ah ! qu’elle s’enferme là-bas, sans tout ce luxe néfaste, avec quatre sous de glaise par jour, pendant quelques années de travail acharné, il va sortir de ses mains, et de son cœur ce que j’en attendais, quelque chose d’épatant, d’humain, de saignant… Et quand vous nous rapporterez un chef-d’œuvre, je ne demande qu’à être encore là, pour vous embrasser sur les deux joues, nom de Dieu !…


THYRA.

Faites-le toujours maintenant, Lepage.


LEPAGE.

Bien volontiers.

(Avec une émotion visible il lui plaque deux gros baisers.)

OSTERWOOD.

Brisons nos coupes !…


CORNEAU.

Je lève la mienne en votre honneur !


THYRA.

Merci, mes amis !