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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/244

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THYRA, (froidement.)

Mais il est toujours la propriété du prince de Thyeste… je pense, du moins !

(On fait signe à Artacheff de se taire. Un froid. Un silence.)

CORNEAU.

Alors, vraiment, Thyra, vous nous quittez ?… c’est affreux !


ARTACHEFF.

Espérons encore, je ne veux pas croire à ce départ !


THYRA.

Si, si, mes amis, c’est le dîner d’adieu !…


CORNEAU.

Mais enfin vous allez bien nous rester encore huit ou dix jours ? Voyons !… Il y a le bal de Monsieur Smiths, la première de Parsifal


THYRA.

Du tout, mes amis. Tout est organisé, je vous quitte demain. Et si je n’étais pas partie demain, j’aurais reculé ce dîner jusqu’au jour même de mon départ… La clôture, si vous voulez, de ma vie de garçon !…


LEPAGE.

Je n’ai plus faim !


CORNEAU.

Attendez quelques jours au moins… Ce départ si subit, pas annoncé, imprévu !…


THYRA.

Ma mère a fermé les malles aujourd’hui, tous les paquets sont faits. La pauvre femme est éreintée… c’est pour cela que vous ne la voyez pas ce soir avec nous ; elle dort là-haut. Je vous demanderai même la permission d’aller l’embrasser tout à l’heure.