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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/242

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ARTACHEFF.

Vous avez rénové l’art du décor… pour la femme… Il ne manque ici qu’Isadora, pieds nus…


LEPAGE.

C’est ça ! c’est ça !… il y est… Ç’a l’air d’un rêve après ballet russe, un rêve qui serait passé par Munich pour finir chez une grande dame sud-américaine… C’est une salle à manger pour riche professor allemand, ivre de modernisme, et dont la femme, israélite wurtembergeoise…


CORNEAU.

Assez !… assez !… Il est saoul !… qu’on le lapide !


OSTERWOOD.

Ou qu’on le mette en croix. Il ferait bien avec les basques flottantes de son trop large habit.


ALLÉGRA.

Il blague… mais il est si gentil tout de même, ce cher Lepage…


THYRA.

Et puis il a raison, c’est si difficile pour une étrangère de ne pas être trop poétique… Il y a toujours eu trop d’Orient dans notre affaire.


CORNEAU.

Jamais trop d’Orient ! N’est-ce pas, Monsieur du Nord, monsieur… (Il désigne le Danois.) Comment s’appelle-t-il ?


THYRA.

Austersen… Il comprend, mais ne sait dire que quelques mots de français.


AUSTERSEN.

Orient… plus beau.