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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/225

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me fournissez de m’expliquer. J’accompagnais, le soir dont vous parlez, Mademoiselle de Marliew et je n’avais pas la garde de sa personne. Je ne l’aurais acceptée à aucun titre, ni d’ami, ni de confident. Si j’ai péché par imprudence ou légèreté, admettons, j’ai pu le regretter depuis et souvent, mais de cela j’assume toute la responsabilité. Et, maintenant encore, Monsieur, je suis prêt, si vous le jugez bon, à vous rendre raison.


PHILIPPE.

Il ne s’agit pas de cela, Monsieur. Vous vous égarez ! Comment, je vous le demande, devrait-on qualifier deux hommes qui se permettraient de compromettre aussi étrangement une personne qui a droit à tout notre respect. Et si Thyra n’avait pas cru devoir donner à votre rencontre je ne sais quelle apparence de mystère ou de complicité…


THYRA, (après avoir fait de loin, à Lignières, signe de se taire.)

Oh ! je vous en prie… évitez ces mots-là…


PHILIPPE, (vivement.)

Pardon, ma chère amie. J’insiste… Depuis ce matin, on dirait que vous avez plaisir à nous mettre tous deux, Monsieur et moi, en fâcheuse posture… Vous attisez le feu !… Si c’est un jeu, avouez qu’il n’a pas réussi.


THYRA.

Vous savez fort bien que je n’ai nulle envie de jouer avec ce feu-là !… Ce rendez-vous avait d’autres raisons.


PHILIPPE, (ironique.)

Eh bien, vous l’entendez, Monsieur… Quand bien même ce rendez-vous serait dû à une sympathie,