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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/193

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trape, avec ce faste que mettent maintenant les étrangers à renouveler l’art de dépenser l’argent.


THYRA.

C’est à peu près cela. Nous vivons hors de toute société morale, hors des formalités…


LIGNIÈRES.

Vous plongez bien de temps en temps dans la vie ?


THYRA.

Nous cueillons même parfois de jolies amitiés errantes, des restaurants de Carlsbad aux palaces de Saint-Moritz… mais nous n’avons pas d’attaches. Nous ne connaissons pas l’obligation des habitudes ; nous avons goûté tous les pittoresques dans la camaraderie raffinée de nos cigarettes… connu le dévouement mutuel du plaisir. Ceux qui n’ont pas éprouvé ce sentiment se privent d’une bien grande source d’amitié.


LIGNIÈRES.

Prenez garde ! À ce jeu, on épuise sa force nerveuse.


THYRA.

Et l’on s’enrichit aussi. Pourquoi pas ? Ainsi, grâce à Allégra… vous savez, notre amie exotique…


LIGNIÈRES.

Oui, Yankee et Javanaise à la fois.


THYRA.

Oui… Grâce à elle je connais la musique universelle mieux que n’importe quel musicien.


LIGNIÈRES.

Qui est en somme cette amusante Allégra qui