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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/191

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relle que j’en arrive, ma foi, à ne plus savoir que penser ! Oui ou non a-t-il ignoré… Cupidon et la part de responsabilité que j’ai eue dans cette extraordinaire histoire d’enlèvement ?…


THYRA, (riant.)

Avouez que vous avez eu quelque peur… Vous étiez très embêté…


LIGNIÈRES.

Pas le moins du monde, ma chère amie ! Vous me connaissez peu…


THYRA.

Eh ! d’ailleurs même si Philippe est au courant…


LIGNIÈRES, (l’interrompant.)

Vous voyez bien que vous vous moquez de moi… Il sait ; j’en suis sûr maintenant ! Alors, que signifie cette amabilité ?


THYRA.

Ah ! mon cher, deux ans ont passé ! Autrefois, il vous aurait, je crois, sauté à la gorge…


LIGNIÈRES.

Eh bien ?…


THYRA.

Nous ne sommes plus les amants de ce temps-là !… C’est très difficile à vous expliquer… En amour, comme sur toute chose, notre point de vue s’est modifié ; le contrat d’association que nous avons échangé ne relève pas des lois humaines ordinaires… (Elle hésite, puis rit.) Mon Dieu ! ce serait bien difficile à comprendre. Soyez en tout cas assuré que Philippe, s’il ne vous considère pas avec une sympathie bien grande, à