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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/168

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THYRA, (éperdue.)

Philippe !… Souvenez-vous seulement que je vous adorais !


PHILIPPE, (se retournant.)

Souvenez-vous seulement que je vous ai haïe !

(Il sort en claquant la porte.)


Scène VII


THYRA, seule.

(Elle a une terrible crise de désespoir et de toux. Elle roule son corps brisé dans l’abri des coussins. Puis, comme si l’excès même du désespoir tarissait les larmes, elle se lève et étire longuement, longuement, ses bras dans un geste familier, et qui exprime la vie, toute la lassitude physique. Ses yeux tombent alors sur le téléphone. Une seconde d’hésitation. Puis elle fait l’appel téléphonique.)

LA VOIX DE MADAME DE MARLIEW.

Thyra ! Thyra ! (Thyra monte rapidement l’escalier et redonne un tour de clef à la porte. La voix de Madame de Marliew, timidement.) Thyra ! je ne peux pas entrer ?


THYRA.

Pourquoi ?… que me veux-tu ?


LA VOIX DE MADAME DE MARLIEW.

De ma chambre, j’ai entendu le prince claquer la porte et descendre l’escalier. Tu es seule ? Ouvre, ma chérie.


THYRA.

Non… (La mère se met à parler un dialecte étranger. Thyra répond de même ; tout à coup.) Je t’en prie, mamita, va dormir, mamalico, je t’embrasserai de-