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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/158

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bustesse et de votre pitié. Et savez-vous de quoi vous m’avez parlé ?


PHILIPPE.

Non !… Qu’ai-je dit ?


THYRA.

Rappelez-vous, rappelez-vous ! tout de suite vous m’avez parlé d’éternité, de durée, d’avenir ! Toujours ! Vous étiez là tout frais de bonheur, de santé, qui attendiez, dans un bon sourire éclatant, toute la joie que je devais vous apporter. Ah !… je ne le pouvais pas ! Ça, je ne le devais pas !… Il y a des renoncements qui sont le plus humain et du plus sacré des devoirs !…


PHILIPPE.

Le devoir ? le devoir, malheureuse, consistait à venir à moi, à m’appeler, à…


THYRA, (en proie à l’exaltation la plus vive.)

Non, vous me jugerez après !… Laissez-moi achever. C’est la prescience obscure de ce devoir, Philippe, qui, ce matin-là où j’avais trop mal dans le cou et dans le dos, m’a forcé à aller au-devant d’une vérité que, peut-être, je repoussais depuis des années !… Quelques semaines plus tard, c’était l’irréparable… notre mariage consommé !…


PHILIPPE.

Thyra… Thyra, voilà donc la raison de votre énigme, de cette rupture déchirante…


THYRA.

Oui ! Et comment peut-on vivre des journées pareilles ? Comment peut-on trouver en soi le