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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/145

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THYRA, (elle porte un grand manteau noir, pailleté. Un casque d’argent et d’émeraude retient mal la masse de ses cheveux.)

Il m’est arrivé plus d’une fois de rentrer vers trois heures du matin !…


MADAME DE MARLIEW.

La journée d’hier était déjà suffisamment… extraordinaire ! Je comptais ne point repasser par les émotions et les angoisses d’hier matin… Tu aurais vraiment pu me dire à quel bal tu te rendais ! Je n’ai pas eu connaissance d’une invitation…


THYRA.

Je t’avais fait prévenir par les domestiques… Je sors d’un bal particulier, un bal d’artistes.


MADAME DE MARLIEW.

Tu aurais pu en partir plus tôt… Tu rentres directement ?


THYRA.

Directement. Pourquoi ces questions ?


MADAME DE MARLIEW.

Tu me feras le plaisir de me dire d’où tu viens et de préciser. J’ai le droit de savoir dans quel bal ma fille s’est rendue… seule, car tu n’étais pas accompagnée…


THYRA, (après une hésitation légère.)

J’étais seule. Et après ?… Qu’est-ce que ça sent, ici ?… Tu as fumé ?


MADAME DE MARLIEW.

Oui.


THYRA, (soupçonneuse.)

Cependant, tu ne fumes jamais la nuit !…