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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/136

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PHILIPPE.

Facilement !… Après s’être livrée à mille excentricités dans son costume de Salomé, déjà pas mal indécent, bras nus, gorge à l’air, et, je le reconnais cependant, gardant le masque ou ne le soulevant que pour boire quelques gorgées de champagne, elle s’est mise à danser dans un coin devant une quinzaine de personnes ricanantes et excitées ; elle dansait comme un modèle, toujours nimbée de voiles… sous le regard, j’ose dire paternel, de ce Monsieur Lignières qui, lui, était parfaitement reconnaissable, ne se mettait pas en peine d’un anonymat quelconque et serrait de temps en temps quelques mains d’un air fat et flatté. Je voyais des hommes lui demander à voix basse, avec ce regard qui ne trompe pas, ce regard curieux : « Qu’est-ce que c’est que cette petite femme-là ? »


MADAME DE MARLIEW.

Inconséquence regrettable ! voilà tout !


PHILIPPE.

Il haussait les épaules et c’était déjà exquis pour moi. Mais voici la chose inouïe, tellement folle que si je ne l’avais pas vue de mes yeux, jamais je ne l’aurais crue ! Tout témoignage m’aurait paru une calomnie, une invention pure !…


MADAME DE MARLIEW.

Mais dites, dites !… Vous me déchirez !… Vous me jetez dans la pire anxiété…


PHILIPPE.

L’heure, des soupers ayant sonné, ils se sont placés à une table… Vous savez, ces petites tables