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PHILIPPE.

Ils sont descendus tous deux au bout d’une vingtaine de minutes : Thyra telle qu’elle était entrée, c’est-à-dire emmitouflée de voiles, et lui en costume renaissance italienne… une sorte de seigneur vénitien. Ils se sont fait conduire par le taxi qui avait amené Thyra, ils se sont fait conduire au bal des Quat’-Z’Arts.


MADAME DE MARLIEW.

C’était donc à ce bal ?… Oh ! comme je suis contrariée ! En effet, l’endroit n’est pas convenable, et je la gronderai d’importance !


PHILIPPE.

Doucement !… Je vais vous servir d’autres choses ! je ne sais si elles seront pour vous des révélations ou si rien de la vie de votre fille ne vous est inconnu…


MADAME DE MARLIEW, (avec hauteur et fermeté.)

Mais, prince, Thyra ne me cache jamais rien et n’a, je vous le certifie, rien à me cacher.


PHILIPPE.

Vraiment ? je doute pourtant que vous consentiez à partager la responsabilité de ce qui va suivre (Il s’assied.) J’ai pu distinguer qu’elle avait un loup sur le visage.


MADAME DE MARLIEW.

Quelquefois, elle porte, par genre, un loup de velours rouge.


PHILIPPE.

Oui… une habitude, une manière de ne pas se faire reconnaître… Le célèbre anonymat !… Bref,