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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/126

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GREEN.

Mais Mademoiselle a sonné des coups si précipités… on ne savait pas qui.

(Le nègre apparaît à la porte.)

THYRA.

Oui, Yoro aussi. Attendez, attendez mes ordres… Le maître d’hôtel aussi. Vite, vite… (Elle s’interrompt.) non, attends… Yoro. (Elle met les mains sur le visage comme pour réfléchir, pour prendre un parti.) Green, fermez les rideaux de la baie, fermez les fenêtres hermétiquement, fermez…


GREEN.

Mais, Mademoiselle. Il fait grand jour. Il est quatre heures !


THYRA.

Eh bien ! Il fera nuit ! C’est ce que je veux. Aidez-la, Yoro, vite, faites vite. (Les deux domestiques tirent les rideaux de la baie. On ferme une petite fenêtre dans une niche. La pénombre est faite. On n’y voit presque rien.) Là, maintenant, allumez. Partout ! Partout… je veux toutes les lumières, les plafonds… les vasques… (Les domestiques allument.) C’est bien. Ah ! c’est bien ! (Une lumière intense a jailli de toutes parts dans les globes, dans les vitrines, dans la voûte du plafond.) Voici. Je dînerai ici, dans l’atelier… toute seule. Je vais au bal ce soir. J’entends que personne ne me dérange, personne, pas même Madame. Vous entendez bien, je ne veux ni ma mère, ni personne. L’ordre est formel. (Par la porte restée ouverte un valet de pied apparaît. Thyra l’aperçoit.) Ah ! le valet de pied aussi est accouru ! J’ai justement besoin de vous. Allez chez Edyard, apportez-moi des pastèques très mûres, très mûres,