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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/125

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LE PRINCE, (avec hauteur.)

Ah ! par exemple ?… je vous le garantis ! (Il s’arrête un instant à la porte.) Voyons, une dernière fois, Thyra, je vous ordonne de me donner la raison… j’y ai droit… je la veux… Parlez.

(Il a dit cette phrase avec une autorité sans réplique.)

THYRA, (après une hésitation à voix basse.)

Vous l’avez dit : l’honnêteté !


LE PRINCE, (réprimant un cri.)

Ah ! cette fois, j’ai compris !… Quel aveu !… (Il prend son chapeau.) Adieu Thyra ! (Froidement, correct.) Tout est fini !… Je vous épargnerai le moindre reproche… Maintenant, je crois qu’il n’y a plus un mot, plus un, qui puisse venir à notre secours !… J’écrirai à votre mère… Présentez-lui tous mes respects, et dites-lui que je m’en retourne en Italie, fâché de ne pas lui avoir fait mes adieux ni présenté mes hommages.



Scène XI


THYRA, seule, puis LES DOMESTIQUES


THYRA, (elle s’appuie contre la selle vide, la tête écroulée sur les coudes. On entend sa respiration oppressée et on voit la secousse de ses bras. Puis elle pousse un affreux gémissement.)

La place est nette. Ah ! si je croyais en Dieu ! Au secours, la vie, au secours ! (Fébrile, elle sonne des coups précipités. Elle ouvre les portes du fond de l’atelier et appelle.) Green ! Yoro ! (La femme de chambre entre en courant.) Green, je vous avais sonnée.