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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/122

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quand on m’a insinué : « Prenez garde, prenez garde, vous êtes dupe. » Je suis sûr maintenant qu’il y a un amant !… je le sens… C’est logique d’ailleurs… Une jeune fille trop libre !… habituée à la licence des yeux !


THYRA.

Ne vous égarez pas !…


LE PRINCE.

Thyra… C’est une comédie ? Une épreuve !… Ou alors, de la folie pure ! si quelque attachement ne vous retient pas… Voyons, dites et redites avec moi que nous nous marions et que nous serons heureux. Il faut que vous n’en doutiez pas… nous serons très heureux. Je me rends compte de tous les trésors que vous m’apportez… Ne craignez rien, je serai à vos genoux comme je l’étais tout à l’heure, toujours en adoration. Vous travaillerez à votre aise. Vos caprices seront réalisés. Je ne serai pas jaloux de votre gloire, j’aurai des attendrissements pour elle. Je vous considère comme une espèce d’enfant de génie, promise à toutes les belles choses… Comprenez bien que ce n’est pas chez moi illusion, sensualité passagère. Il n’y a presque pas de sensualité dans mon amour pour vous, tellement vous êtes haute !… C’est tendre, respectueux… Voilà… Et si vous me rejetez, écoutez bien cela et sentez la mesure de votre responsabilité si vous m’échappez… je sens que je serai un homme absolument perdu. Je ne sais pas ce que je ferai !


THYRA.

Taisez-vous ! taisez-vous ! Il ne faut pas dire cela. C’est trop. Allez-vous-en ! allez-vous-en ! Épargnez-moi.