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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/120

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Mais il n’y a pas que la gloire des œuvres. Les actes aussi ont leur gloire. Un bel amour, c’est une œuvre comme une autre. Mais, là aussi, il faut la patience, le temps ! comme dit Lepage.


LE PRINCE.

Si c’est ce qui vous inquiète, attendez avec confiance, ma chérie, et vous verrez. Je réponds de vous !

(Il essaie de la prendre dans ses bras.)

THYRA, (se dégageant.)

Non, je n’attendrai pas, je n’attendrai rien, mon petit Philippe, nos fiançailles sont rompues, je vous rends votre liberté. Nous nous reverrons, certes, vous reviendrez ici, je l’espère, mais en ami, en ami seulement.

(Mouvement de fureur de Philippe qui arpente l’atelier.)

LE PRINCE.

Allons, puisque je me heurte à une décision, la raison ? Vous voulez, selon la formule, vivre votre vie, vous consacrer à la sculpture… c’est cela ?


THYRA.

L’avenir vous prouvera le contraire… Je viens de rompre au contraire toutes mes fiançailles avec la vie, toutes…


LE PRINCE.

Que signifient encore ces paroles énigmatiques ?


THYRA, (avec flamme.)

Philippe, je me suis réservée entière jusqu’ici, avec une fureur jalouse et heureuse, à toutes ces promesses, à ces noces avec l’avenir… J’y ai voué