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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/116

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froissez pas de ce que je vous ai dit à propos de mon oncle et des prêtres ?


THYRA.

Ah ! Dieu non !


LE PRINCE.

Qu’y a-t-il dans ce mariage qui vous gêne tout à coup ? Car c’est tout à coup. L’objection de fortune n’existe pas, puisque le hasard vous a faite riche. Alors, il y a quelque chose de si inexplicable dans cette répugnance subite que vous allez m’en donner l’explication, Thyra ! Vous m’avez annoncé que vous parleriez du bout des dents ? Je vais vous répondre de même. Je vais vous répondre en riant, en allumant même une cigarette… Allons, pas de fâcherie… Qu’y a-t-il ? Qu’est-ce qui ne va pas, ma petite chérie ? Le travail ? Vous ne redoutez pas que j’importune ni votre travail, ni votre avenir d’artiste. Je vous ai assurée que je vous laisserais la plus grande liberté, que je ne vous demanderais rien de vos journées. Vous hochez la tête… Ce n’est pas ça ?


THYRA.

Mon petit Philippe, il ne faut pas chercher midi à quatorze heures, vous savez. Je suis fantasque, baroque. Je retrouve mes idées d’indépendance irrésistible. Dites-vous cela !


LE PRINCE, (riant.)

Je sais… Ça vous ennuie que je sois Italien ! Vous avez dit l’autre jour des choses très désagréables sur les Italiens, à dîner… sur la musique italienne, sur la littérature italienne, sur l’aristocratie italienne… Je vais me faire danseur russe… Passez-moi du feu !…